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Le Gouvernement Basque célèbre la Journée Internationale des Archives et transmet ses remerciements pour les récentes donations des archives familiales de Manuel de Ynchausti et Andrés de Irujo

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Le Gouvernement Basque célèbre la Journée Internationale des Archives et transmet ses remerciements pour les récentes donations des archives familiales de Manuel de Ynchausti et Andrés de Irujo

Cet après-midi, le Lehendakari Iñigo Urkullu a présidé la célébration de la Journée Internationale des Archives qui s’est tenue dans les Archives Historiques d’Euskadi, à Bilbao. Comme chaque année, ce rendez-vous a été l’occasion de souligner l’importance des archives, qui constituent la mémoire documentaire d’un pays. L’acte de cette édition a également servi à faire part des remerciements pour deux donations récemment reçues dans les Archives Historiques : les archives familiales de Manuel de Ynchausti et celles d’Andrés de Irujo, arrivées ces derniers jours à Bilbao.

Étaient présents au rendez-vous, aux côtés du Lehendakari, le Ministre de la Culture et de la Politique Linguistique, Bingen Zupiria ; la Secrétaire Générale des Affaires Extérieures, Marian Elorza ; le Directeur du Patrimoine Culturel, Mikel Aizpuru ; le Directeur pour la Communauté Basque, Gorka Alvarez ; et le Responsable des Archives Historiques d’Euskadi, Borja Aguinagalde. Des membres de la famille de Manuel de Ynchausti étaient également présents et, à la fin de l’acte, le Lehendakari a échangé avec María Elena Etcheberry, la veuve d’Andrés de Irujo. Au cours de la visite, ils ont pu prendre connaissance des détails de ces archives et, en outre, visionner des images inédites du Lehendakari José Antonio Agirre en exil, grâce aux tournages issus du fonds de Manuel Ynchausti.

Archives de Manuel de Ynchausti

Les archives de Manuel de Ynchausti Romero (Manille, 1900 - Ustaritz, 1961) sont un fonds documentaire rassemblé pendant des décennies par ce remarquable homme d’affaires et philanthrope basquisant. Les archives recueillent des documents du domaine privé, des documents d’intérêt public ayant trait à ses inquiétudes culturelles et politiques et, en troisième lieu, une riche correspondance soigneusement organisée par années. Jusqu’à son transfert dans les Archives Historiques d’Euskadi, le fonds se trouvait rassemblé dans près d’une centaine de boîtes dans la maison Intxausti Baita, dans la commune labourdine d’Ustaritz.

La biographie particulière du propriétaire des archives permet de se faire une idée des spécificités des documents qu’elles contiennent. Manuel de Ynchausti était issu d’une famille originaire de Guipúzcoa qui s’installe aux Philippines au début du XIXe siècle. La famille Ynchausti parvient à devenir une des plus influentes des îles, où elle possède de nombreux intérêts industriels et commerciaux. Manuel de Inchausti voyage à Madrid pour y terminer ses études, il suit des études de Droit à Université Centrale de Madrid. Il est licencié en 1926 et se marie avec Ana Belén Larrauri, de Saint-Sébastien.

C’est également à Madrid qu’il fait la connaissance de la famille Leizaola, un élément capital dans son rapprochement avec le basquisme et les postulats du nationalisme basque. En 1933, dans un contexte de changements politiques aux Philippines, il décide de quitter les îles, de dissoudre l’entreprise familiale Ynchausti y Cía, et de mettre le cap sur l’Europe. Manuel de Ynchausti s’installe à Saint-Sébastien pendant la IIe République, où il poursuivit son activité entrepreneuriale et son rapprochement avec les milieux politiques et culturels basques.

Très lié aux milieux catholiques, notamment à l’Action Catholique et aux Jésuites, à l’arrivée de la IIe République espagnole et de l’expulsion de la Compagnie de Jésus, il fournit un travail intense au bénéfice de celle-ci, ce qui lui valut de recevoir du Pape Pie XI l’Ordre de Saint-Grégoire. À la même époque, il fonde le « Patronat Notre Dame de Lourdes » à Manille, pour assister les malades pauvres.

Lorsque la Guerre Civile éclate, il se trouve à Saint-Sébastien, d’où il est évacué par la Marine de Guerre des États-Unis (26-07-1936) en raison de sa citoyenneté nord-américaine, mais il ne peut sauver ses biens en Espagne, qui sont saisis. Une fois qu’il se trouve de l’autre côté de la frontière, d’abord à Ustaritz, puis à Paris, il commence à collaborer avec le Gouvernement Basque de José Antonio Agirre et entreprend un travail humanitaire colossal en faveur des réfugiés basques de la guerre, notamment les enfants. C’est à Manuel de Ynchausti que nous devons de nombreuses initiatives destinées à offrir aux enfants basques de la Guerre confort et assistance. À la fin du conflit en Espagne, il se charge de rapatrier les enfants accueillis à l’étranger.

Dans les années 1939-1940, alors qu’il demeure aux États-Unis en raison de la IIe Guerre Mondiale, il contacte le département d’État américain afin de négocier l’arrivée du Lehendakari José Antonio Agirre et de sa famille aux USA pour fuir la Gestapo. C’est également depuis les États-Unis qu’il organise la section « Amérique » de la Ligue Internationale des Amis des Basques et l’attribution d’une ambulance du Gouvernement Basque, qu’il offre à l’armée française pour sa lutte contre le nazisme. Manuel de Ynchausti réalise des démarches en tout genre pour orienter la politique du nationalisme basque dans le camp des alliés, parvenant à rencontrer le président Franklin D. Roosevelt, accompagné de son épouse, de Manuel de la Sota et d’un groupe d’enfants basques. C’est la raison pour laquelle le Gouvernement Basque réuni à New York lui fait part de son émouvante gratitude, en septembre 1945.

Après la IIe Guerre Mondiale, en octobre 1947, Ynchausti retourne à Ustaritz, où il reprend son activisme culturel et politique. En 1948, il prend une part active dans l’organisation du VIIe Congrès des Études Basques (Biarritz). Il prépare également, dans le Musée Basque de Bayonne, une salle destinée à représenter l'œuvre des basques dans les différents pays et cultures, à l’occasion du VIII Congrès des Études Basques de Bayonne (1954). De plus, il finance et publie l’hebdomadaire catholique Igandea, et collabore avec la Société des Études Basques-Eusko Ikaskuntza. Une de ses actions de promotion culturelle est centrée sur la réalisation de films ethnographiques sur les danses, les coutumes et les sports traditionnels basques (avec Aita Donostia).

Les documents publics et privés et la correspondance des archives de Manuel de Ynchausti s’inscrivent dans le cadre du travail acharné qu’il a fourni toute sa vie durant dans les domaines culturel, politique, humanitaire et entrepreneurial.

Archives d’Andrés de Irujo

Les Archives d’Andrés de Irujo Ollo (Estella/Lizarra, 1907 - Buenos Aires, 1993) sont arrivées à Bilbao la semaine dernière, après un long périple depuis l’Argentine. La donation a été possible grâce à la générosité de sa veuve, María Elena Etcheverry, qui demeure toujours en République Argentine, et au travail de liaison de l’historien Xabier de Irujo, petit-neveu d’Andrés de Irujo. De plus, le Directeur des Relations avec la Diaspora basque, Gorka Alvarez, et le Directeur du Patrimoine Culturel, Mikel Aizpuru, se sont déplacés l’année dernière en Argentine pour gérer sur place la situation des archives et pour explorer leur conservation éventuelle dans les Archives Historiques d’Euskadi.

Ces archives rassemblent de nombreux documents originaux issus de la famille Irujo mais aussi de différentes initiatives lancées par les exilés basques en Argentine. Ce sont cinq fonds d’archives distincts : la maison d’édition Ekin (créée par Andrés de Irujo et Isaac López Mendizabal, en 1941) ; le magazine Eusko Lurra-Tierra Vasca (dont le dernier directeur a été Peio Irujo, frère d’Andrés) ; l’Institut Américain des Études Basques (Instituto Americano de Estudios Vascos) (dont le dernier directeur fut Andres de Irujo) ; les archives personnelles de Peio Irujo ; et les archives personnelles d’Andrés de Irujo.

Ces archives ont passé des décennies en Argentine. Cependant, les documents font partie du patrimoine documentaire du Pays Basque. Le fonds Ekin, par exemple, conserve de nombreux originaux manuscrits (parmi lesquels, certains du Lehendakari Agirre), quelques films et de la correspondance. De plus, des documents et des photographies originales des Archives du Gouvernement Basque, ainsi que deux chemises contenant des documents d’Andrés et de son frère Manuel de Irujo, ont été identifiés dans les archives de Peio Irujo.

Une des valeurs fondamentales de ces archives repose sur la valeur historique de leur création. La plus grande partie de ces documents fut rédigée à l’époque du franquisme et constitue une source de très grande valeur pour documenter l’histoire d’Euskadi à cette époque.

Andrés Irujo, fils de l’avocat nationaliste basque Daniel de Irujo Urra, fut un remarquable promoteur culturel pendant l’exil qui suivi la Guerre Civile. Après ses études de Droit, il se lance dans la vie professionnelle pendant la IIe République en tant que stagiaire de Manuel de Irujo, militant historique du PNV, député et Ministre de la Justice du Gouvernement. Pendant la Guerre Civile, il fait partie de la Junta de Gobernación de Guipúzcoa, devient secrétaire du Ministre de la Justice (son frère Manuel) et, une fois exilé, représentant du Gouvernement Basque en France.

En exil, il réalise, avec sa femme, un important travail de promotion de la culture et de l’identité basques. Il crée la maison d’édition Ekin, mais il est également un des fondateurs de l’Institut Américain des Études Basques, parmi tant d’autres initiatives. Andrés de Irujo réalise, en outre, d’importants apports à l’historiographie basque avec des œuvres telles que Los Vascos y la República Española (Les Basques et la République Espagnole) Contribución a la Historia de la guerra civil 1936-1939 (Contribution à l’Histoire de la guerre civile 1936-1939) ou encore Los Vascos y las Cruzadas (Les Basques et les Croisées).

Ces archives seront sous la garde des Archives Historiques d’Euskadi, dans la section « Archives de la Diaspora Basque », une initiative de la Direction pour la Communauté Basque à l’Extérieur, présentée par le Lehendakari lui-même le 2 novembre dernier dans la ville de Mar del Plata (Argentine).